lundi 24 juillet 2017

The Book of Ivy, Amy Engel

304 p., Pocket jeunesse, novembre 2016

Quatrième de couverture :

Je m’appelle Ivy Westfall, et je n’ai qu’une seule mission : tuer le garçon qu’on me destine, Bishop, le fils du président. Je me prépare pour ce moment depuis toujours. Peu importent mes sentiments, mes désirs, mes doutes, car les espoirs de toute une communauté reposent sur moi. Le temps de la rébellion approche…


Mon avis :
Suite à une guerre nucléaire, le monde a été décimé, et plusieurs milliers d’habitants se sont regroupés dans une ville, où ils se sont organisés. Deux familles sont opposées : les Westfall (la famille d’Ivy) et les Lattimer (celle de Bishop). Le grand-père d’Ivy était le fondateur de la communauté, mais c’est aujourd’hui le père de Bishop qui en est le président. La vie a été aménagée suite aux événements : ils vivent en autarcie dans une ville qui est fermée à ceux de l’extérieur, et connaissent diverses privations, comme un rationnement électrique ou de nourriture, et l’argent n’existe plus. Cette communauté a des particularités, dont les mariages arrangés entre les habitants des deux parties de la ville qui ont lieu entre seize et dix-huit ans, et qui sont garants de la paix et de la cohésion de la nation. Ivy Westfall se voit promise à Bishop Lattimer. Ivy a été élevée par sa sœur et son père, qui lui ont confié une mission : éliminer Bishop, car ils ont eux-mêmes un plan, et si Ivy parvient à ses fins, ils pourront reprendre le pouvoir.

L’ouvrage commence juste avant la cérémonie, et Ivy, qui se retrouve mariée à Bishop, emménage dans ce qui sera désormais leur maison. Elle s’attend à partager son quotidien avec quelqu’un de hautain, d’orgueilleux, et qui ne la traitera pas forcément avec respect, pensant que le jeune homme la verra seulement comme celle qui lui permettra d’assurer sa descendance. Elle est donc sur ses gardes, voire désagréable, et elle se retrouve dépourvue face au comportement de son époux, car elle se rend compte qu’elle s’était fait une idée de celui-ci très différente de la réalité. À force de discussions avec lui, elle va apprendre à le connaître, ce qui va remettre beaucoup de choses en question. De plus, elle s’aperçoit que sa famille avait peut-être une perception erronée des faits. Elle devra donc choisir entre trahir les siens, et tuer son mari.

Nous découvrons ce monde à travers les yeux d’Ivy, qui est la narratrice, puis on s’intéresse au point central du roman, qui n’est autre que la relation entre Ivy et Bishop, et la grande question sera de savoir s’ils vont faire ou non ce que leurs familles attendent d’eux. Les Lattimer ont élevé leur fils avec certains projets pour lui, le père d'Ivy a fait de même avec sa fille, et nos jeunes mariés pourront échanger leurs points de vue sur le côté de la ville où ils ont vécu et l’éducation qu’ils ont reçue. 

J’ai trouvé intéressante la façon dont l’auteure traite la relation entre Ivy et sa famille, et la manière dont cela va évoluer. Va-t-elle les suivre aveuglément ? Elle va également apprendre que son père et sa sœur lui ont caché certaines choses, et qu’il y a une sorte de secret de famille autour de la mort de sa mère. Il y a un vrai travail au niveau de la psychologie des personnages, qui ont chacun plusieurs facettes. Certains sont résignés à ce qui leur arrive, même si cela les fait souffrir, alors que d’autres semblent prêts à se battre pour leur liberté de choix. 

Cependant, l’univers en soi n’est pas énormément exploité pour un roman dystopique. J’aurais voulu en savoir davantage, car j’ai eu l’impression que la frontière avec la romance était vraiment mince. Bishop a un côté garçon idéal qui ferait battre le cœur de toutes les filles, mais leur amour paraît impossible du fait de la mission d’Ivy. Le premier tiers de l’ouvrage souffre de quelques longues, et il y a des éléments que l’on voit venir assez rapidement, ce que je déplore. J’aurais souhaité être davantage surprise. Le tout est quelque peu facile, et j’aurais apprécié que les choses soient plus poussées. L’écriture est fluide, mais le schéma narratif est relativement trop simpliste. Même si j’ai passé un bon moment avec The Boof of Ivy et qu’il se lit très aisément, je dois reconnaître que j’attendais davantage de ce roman, d’autant que j’avais pu voir des avis dithyrambiques à son propos.

mardi 18 juillet 2017

Tu comprendras quand tu seras plus grande, Virginie Grimaldi

480 p., Le Livre de Poche, mai 2017

Quatrième de couverture :

Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, elle ne croit plus guère au bonheur. Une fois sur place, elle se souvient aussi qu'elle ne déborde pas d'affection pour les personnes âgées. Dire qu'elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme. Mais au fil des jours, la jeune femme découvre que les pensionnaires ont des choses à lui apprendre. Son quotidien avec des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé lui réserve des surprises qui pourraient bien l’aider à retrouver le sourire. Sans oublier Raphaël, le petit-fils d’une résidente, qui ne lui est pas indifférent… Une histoire de résilience, d’amour, d’amitiés, un livre plein d’humour et d’humanité, qui donne envie de savourer les petites joies de l’existence.


Mon avis :

Tu comprendras quand tu seras plus grande de Virginie Grimaldi nous présente le personnage de Julia, qui a perdu son père assez récemment, et qui a, peu de temps après, rompu avec son compagnon. Elle décide de postuler à un emploi de psychologue dans une maison de retraite située vers Biarritz, d’où elle est originaire. Suite au décès de son papa, Julia s’était réfugiée à Paris, chez sa meilleure amie. Elle est donc de retour sur la côte Atlantique, pas très loin d’où sa maman vit, mais elle préfère garder sa présence secrète et ne pas en parler à sa mère ni à sa sœur, car elle a besoin de se retrouver, de se ressourcer, mais aussi de gérer son chagrin et son deuil, et pour le moment, elle ne pense pas avoir les épaules assez solides pour faire face à la peine des autres. Elle arrive donc aux « Tamaris », où elle va s’occuper de personnes âgées et dépendantes, et, dans un premier temps, elle se demande ce qu’elle fabrique là et regrette un peu son choix. Néanmoins, elle va faire au fur et à mesure diverses rencontres avec des hommes et des femmes hauts en couleur, aussi bien au niveau des résidents que de l’équipe de soignants. Elle va notamment se rapprocher et lier une amitié sincère avec Greg et Marine, sans oublier Raphaël…

Je dois reconnaître que je n’attendais pas énormément de cette lecture, je pensais passer un moment divertissant, mais je n’étais pas sûre d’être plus emballée que ça. Néanmoins, une amie me l’ayant recommandé, j’ai tenté l’aventure. Dès les premières pages, je me suis surprise à me prendre au jeu, à être happée par la lecture. Les chapitres sont très courts, ce qui donne du rythme au récit. Nous découvrons tout du point de vue de Julia, ce qui est intéressant, mais aussi très addictif. De plus, cela dresse un panel de questionnements que l’on peut être amené à se poser.

Les protagonistes sont très différents : il y a un vieux bougon, une femme ayant perdu la mémoire des quarante dernières années de sa vie suite à un AVC, le gang de mamies, un homme qui est un véritable boute-en-train… Ce qui est amusant, c’est que l’on retrouve chez ces personnes âgées des problématiques présentes chez les plus jeunes : il va être question d’amour, de détente, de bon temps… Greg et Marine vont se lier d’amitié avec Julia, et ils vont former un trio détonnant. Et n’oublions pas Raphaël, qui pourrait mettre à mal les certitudes de Julia et ses projets à moyen terme. C’est donc relativement rafraîchissant. Mais en même temps, on aborde des sujets beaucoup plus profonds, comme la perte d’un être cher, ou encore la maladie. 

Julia est en proie à une réelle remise en question de la personne qu’elle est : a-t-elle fait les bons choix ? Elle se rend compte qu’elle est pétrie de peurs et qu’elle est effrayée par son avenir. Par certains aspects, ce livre m’a « parlé » et je me suis parfois reconnue dans le personnage de Julia, à propos de ce qu’elle peut ressentir et des questionnements qui l’assaillent, et j’ai donc trouvé cela très intéressant et je me suis beaucoup attachée à cette jeune femme, qui connaît une réelle évolution entre la première et la dernière page, qui va être possible grâce aux personnes qu’elle va rencontrer au cours de son séjour aux Tamaris. Il y a d’ailleurs des choses amusantes ; par exemple, lorsqu’elle arrive dans cette maison de retraite pour remplacer la psychologue de l’établissement qui est en congé maternité, elle regrette quelque peu sa décision et y va presque à reculons, et quand elle doit quitter son poste, on assiste à une scène très émouvante, car elle s’est prise d’affection pour les habitants des lieux, et inversement.

Il y a des passages très touchants, et je me suis surprise à verser une larme à un moment — sachant qu’il est très rare que cela m’arrive en lisant un livre. J’ai vraiment beaucoup aimé Tu comprendras quand tu seras plus grande, qui aurait pu être un coup de cœur s’il n’y avait eu cette fin sur laquelle j’émets quelques réserves, car je ne suis pas vraiment en accord avec le choix de l’auteure. Je n’ai pas vraiment compris ce parti pris quant à cette révélation qui ne m’a pas vraiment convaincue. Mais cela se passe à peine sur les vingt dernières pages, et sans ce point un peu en deçà, c’est un superbe livre que je recommande chaudement à tous, aussi bien pour l’ambiance qui s’en dégage et qui nous offre du positif, et de l’espoir. Le regard que les personnes âgées peuvent avoir sur leur existence et vraiment très intéressante et instructive et nous ouvre des questionnements sur notre propre vie. Il y a donc aussi bien des éléments légers que des sujets plus profonds. C’est un livre à mettre entre toutes les mains, même si l’on n’est pas forcément un adepte de ce genre de littérature, car je pense que bon nombre en ressortiront convaincus et passeront un agréable moment de lecture.

lundi 10 juillet 2017

À la place du cœur, saison 1, Arnaud Cathrine

252 p., Robert Laffont, septembre 2016

Quatrième de couverture :

Six jours dans la peau de Caumes qui vit son premier amour. Dix jours de janvier 2015 où la France bascule dans l'effroi.


Mon avis :

À la place du cœur va nous relater l’histoire de Caumes, qui vient de fêter son dix-septième anniversaire et qui va vivre ses premiers émois amoureux, puisqu’il va tomber sous le charme d’Esther. Mais le moment ne va pas être le mieux choisi, car tout cela prend place pendant les événements qui ont secoué la France au début du mois de janvier 2015, avec les attentats perpétrés à Charlie Hebdo, à Montrouge et à l’hyper casher de la porte de Vincennes. Caumes va se retrouver un peu perdu au niveau de ses sentiments, car les événements précédemment cités vont beaucoup secouer son environnement et remettre en cause beaucoup de choses, notamment à cause des réactions de ses proches, qu’il s’agisse de ses parents ou de ses camarades. En parallèle de tout cela, Hackim, un de ses amis, va être victime de harcèlement scolaire…

Je dois reconnaître qu’au début, la lecture d’À la place du cœur fut très laborieuse, le problème résidant dans le personnage de Caumes. En effet, ce dernier est très travaillé par ses hormones, et j’ai trouvé cela insupportable, et j’ose espérer que tous les garçons de dix-sept ans n’ont pas le cerveau situé entre les jambes. Malheureusement, au début c’est vraiment ce qui se passe, et c’est assez pénible de ne pas pouvoir tourner trois pages sans qu’il soit question de « bite » ou de « branler ». Ce qui m’intéressait surtout, c’était la manière dont l’auteur allait aborder les événements du mois de janvier 2015, et si je n’en avais pas eu connaissance, je pense que j’aurais refermé le livre tant Caumes était insupportable. Puis arrivent les attentats, et Caumes va devenir beaucoup plus intéressant — et c’est d’ailleurs vers la fin du roman que son personnage est le plus travaillé. Malgré tout, il est capable de raisonnements vraiment poussés, et des passages où l’on se dit qu’il en a réellement dans la tête… et malheureusement, d’autres où il s’intéresse plus à ce qu’il a dans le pantalon.

J’ai trouvé novatrice la façon dont les attentats sont traités dans cet ouvrage, de découvrir comment cela peut être perçu par des lycéens, les questions que cela peut amener dans une classe et les polémiques que cela va créer. Il y a des réflexions très intéressantes qui sont posées, comme les limites entre l’information et le voyeurisme, mais aussi comment cela peut être perçu à travers la communauté musulmane, les différentes interrogations que tout cela peut amener au sein d’une classe ou encore d’une famille, qu’est-ce que les parents peuvent et ne peuvent pas dire, le rôle des journalistes… Tout cela va pousser Caumes, Théo, Hackim et Esther à grandir, car ils ont la possibilité de prendre position dans la vie de leur pays (en allant par exemple à la marche républicaine).

Caumes a donc deux amis : Hackim, un jeune beur qui vit chichement et qui est la cible des persécutions de Nicolas Ballard, dont les parents sont membres du Front national, et Théo, qui est le fils du maire. Ils sont très dissemblables, mais se complètent pourtant et parviennent à se retrouver dans leurs différences.

Une autre question se pose : la France est secouée par la vague d’attentats, Hackim se fait violenter, et Caumes vit ses premiers amours, et il ressent une certaine culpabilité pour cela. Comment pourrait-il avoir le droit d’être heureux quand d’autres pleurent leurs morts ?

C’était donc un livre qui partait mal, à cause du personnage principal, mais je suis contente de ne pas avoir abandonné ma lecture, car une fois que l’on a passé le premier tiers du roman et que l’on rentre dans le vif du sujet, cela devient vraiment intéressant. Et je dois reconnaître qu’en refermant l’ouvrage, j’appréciais le personnage de Caumes, et je me suis d’ores et déjà procuré le tome 2, car je souhaite savoir ce qui va lui arriver et comment il va vivre les événements plus intimes qui l’ont secoué à la fin de la première saison.

L’auteur s’intéresse beaucoup aux émotions de ses protagonistes, et à la vie de tous les jours. Par exemple, lorsqu’un de ses camarades est victime de harcèlement, comment réagir ? Les quatre personnages principaux sont attachants malgré tout. C’est écrit comme si cela venait vraiment de la bouche d’un ado, tantôt un peu bébête, mais aussi capable de belles réflexions qui m’ont parfois scotchée. J’aurais pu noter nombre de citations de ce livre, car ce qui est dit est vrai, et joliment exprimé. Au final, c’est un roman que je vous recommande chaudement (et persévérez, même si au début, vous trouvez Caumes à claquer, parce que ça vaut le coup !)

mardi 4 juillet 2017

Un doux pardon, Lori Nelson Spielman

448 p., Pocket, juin 2016

Quatrième de couverture :

Il suffit parfois d’une simple pierre pour faire basculer le destin. Une simple pierre ou plutôt deux, arrivées par la poste. Hannah Farr, animatrice télé en plein flottement tant professionnel qu’amoureux, se trouve ainsi face à un choix. Renvoyer l’une de ces pierres à celle qui la martyrisa enfant, c’est lui accorder son pardon. Mais à qui adresser la seconde, censée perpétuer la chaîne ? S’il est facile de pardonner, demander des excuses peut à jamais changer le cours d’une vie…


Mon avis : 

Un doux pardon met en scène Hannah Farr, une jeune femme trentenaire qui travaille pour la télévision et qui a son émission. Un jour, elle reçoit deux pierres de pardon, qui est un concept très en vogue inventé par Fiona Knowles. Cela fonctionne de la manière suivante : on envoie deux pierres de pardon à quelqu’un et on lui fait part de ses regrets pour ce qu’on a pu lui faire. Si la personne accepte de l’excuser, elle renvoie à son expéditeur une pierre de pardon, et à son tour enverra une pierre de pardon à quelqu’un pour ne pas briser la chaîne. Hannah a la chance de recevoir des pierres de pardon de la fameuse Fiona Knowles, car cette dernière a été au collège avec Hannah, et elle en avait fait son bouc émissaire, mais elle est loin de se douter des conséquences que tout cela avait pu avoir. Très hermétique à tout cela, Hannah va, par un concours de circonstances, se retrouver à réfléchir à son passé, à sa relation avec son père et avec sa mère, qui avaient divorcé. Bouleversée de prendre conscience de ce qu’elle a pu faire lorsqu’elle était plus jeune, elle va prendre la mesure de ses actes et, après un cheminement personnel rendu possible grâce à l’intervention de certains protagonistes, Hannah va se rendre compte que les choses ne sont pas toujours telles qu’elles se les imaginaient…

Un doux pardon est un livre bien construit, car d’un côté, il aborde des thèmes importants et très forts, et de l’autre il y a une certaine légèreté, ce qui permet au lecteur de reprendre son souffle au fur et à mesure de l’histoire, et de ne pas tomber dans le pathos. D’un autre côté, ce n’est pas uniquement une œuvre divertissante, mais un roman qui nous pousse à réfléchir sur le concept de pardon : qu’est-ce que vraiment pardonner ? Est-ce seulement dire « je t’excuse » ? Quand demander pardon ? Pourquoi ? Quelles répercutions cela peut-il avoir ? Est-il forcément bien de mettre la vérité à nue, de revenir sur le passé et de sortir des cadavres du placard ? Quelles peuvent être les conséquences de nos actes et de nos paroles sur autrui ?

Par ailleurs, il y a toute une galerie de personnages. Tout d’abord Hannah, notre héroïne, pour laquelle on ressent tout de suite beaucoup d’empathie. On arrive facilement à se mettre à sa place aussi bien dans sa relation amoureuse que dans celle avec sa maman, ou encore dans les problèmes professionnels ou de couple qu’elle peut rencontrer. On a envie de la pousser dans certaines directions, ce qui montre l’intérêt que le lecteur peut avoir pour ce personnage. Jade, sa maquilleuse, est vraiment amusante, pétillante et pleine de vie, mais mène elle aussi une existence pas toute rose. Claudia, une de ses collègues de travail, dont nous allons n’avoir de cesse de nous méfier. Il y a également Michael, le compagnon d’Hannah que je n’ai pas senti dès les premières pages. On s’aperçoit plus ou moins vite qu’il n’est peut-être pas aussi attaché à notre héroïne que celle-ci le voudrait et qu’ils n’ont pas forcément les mêmes objectifs en ce qui concerne leur relation. N’oublions pas Dorothy, une femme d’un certain âge qui vit dans un centre pour personnes qui ne sont plus capables d’être autonomes. Elle est un peu la maman de substitution d’Hannah, elle va lui prodiguer de bons conseils. Hannah fait aussi la connaissance de RJ, un homme qui tient un vignoble dans le Michigan, que l’on voit trop peu à mon sens, et que j’ai beaucoup apprécié.

Certains passages sont très touchants, d’autres plus amusants, et le tout est justement dosé. On a envie de continuer notre lecture pour en savoir davantage, parce que c’est vraiment bien fait. J’ai passé un excellent moment avec ce livre divertissant, mais pas que; celui-ci est intéressant, et je pense que c’est un récit qui résonnera longtemps en moi et que je ne suis pas prête d’oublier. L’écriture de Lori Nelson Spielman est fluide, avec pas mal de dialogues. Hannah étant la narratrice, voir tout cela à travers ses yeux est intéressant. C’est une excellente lecture dans laquelle on assiste à de réelles évolutions des personnages, et pour laquelle l’auteure nous propose une fin totalement inattendue qui a fini de me convaincre (si ça n’était pas déjà fait !)

vendredi 30 juin 2017

Bilan du mois de juin 2017

Ce mois de juin fut riche en bonnes surprises. J'ai eu un coup de cœur pour une bande dessinée en quatre volumes :

 

J'ai lu un diptyque que je qualifierais d'excellent :
     
     

J'ai passé un très bon moment avec ce roman :


Et j'ai lu une romance agréable :
 

mardi 27 juin 2017

Aeternia, tome 2 : "L'envers du monde", Gabriel Katz

448 p., Pocket, novembre 2016

Quatrième de couverture :

À Kyrenia, la guerre de religion fait rage. Et tous les coups sont bons pour établir son emprise sur la ville du savoir et de la culture qui connaît ses plus sombres heures. Un duel dans l’arène devait pourtant mettre fin au carnage et instaurer un des deux cultes au frontispice de Kyrenia. Le Corbeau contre Leth Marek, le culte de la Grande Déesse et celui d’Ochin ont leur champion respectif. Du moins avaient. Car Leth est assassiné. C’est Desmeon qui mettra sa hache et ses talents guerriers au service du Prophète. Mais avant que ne débute l’ultime combat, les stratagèmes et les ambitions de chacun vont faire régner le chaos et la loi du sang.


Mon avis :

Attention, si vous n’avez pas lu le premier tome de ce diptyque, la chronique ci-dessous vous en dévoile des éléments.

« L’envers du monde » débute exactement là où « La marche du prophète » s’était arrêtée. Desmeon et Nessyria découvrent que Leth Marek a été assassiné. Mais nous avons une longueur d’avance sur eux, puisque nous connaissons l’identité de l’auteur de ce crime, ce qui va nous apporter une vision tout autre, et particulièrement intéressante, de celle des personnages concernant les éléments qui se déroulent au fil des pages. Le héros du tome 1 n’étant plus, c’est Desmeon, un ancien gladiateur aussi connu sous le pseudonyme du Danseur, qui va le remplacer. Il va y avoir énormément de choses qui vont se passer dans ce tome, dont un rapprochement qui s’opère entre notre personnage principal et une jeune femme répondant au nom de Synden. Desmeon, qui était plutôt un joli cœur jusque-là et qui jouait avec les sentiments des dames, ne pensant qu’à son plaisir, va s’attacher à elle et ils vont développer une belle relation. Cette ancienne prostituée détient des informations dont elle ne devrait pas avoir connaissance, et celles-ci pourraient remettre en cause beaucoup de choses, ce qui la met par conséquent en danger, car cela fait d’elle une menace potentielle. N’oublions pas Nessyria, l’amie fidèle et bienveillante de Desmeon présente tout au long du roman. Le culte d’Ochin et celui de la Grande Déesse continuent de s’affronter, le sang coule, de nombreux massacres sont perpétrés, et ces deux clans sont prêts à tout pour que leur religion soit prédominante.

J’ai été vraiment ravie que l’accent soit mis sur Desmeon dans ce tome, car il était mon personnage préféré dans le premier opus de ce diptyque. Il a beaucoup d’humour et de répartie, et m’a plus d’une fois fait franchement rire, ce qui apporte un peu de souffle à ce récit assez sombre dans les thèmes qu’il aborde : guerre de religion, massacres, etc. C’est également un personnage lumineux dans sa relation avec les autres — comme Nessyria ou Synden —, mais aussi avec le chien dont il s’occupe depuis le premier tome. On va le découvrir davantage, et au fur et à mesure, il va briser sa carapace. En effet, s’il s’agissait au début d’un homme qui fanfaronnait, on se rend compte que c’est un individu profond. On retrouve des personnages croisés dans le premier opus, mais on fait aussi la connaissance de nouveaux, tous très intéressants.

L’intrigue est très bien construite. L’auteur nous amène à nous poser plein de questions au cours de notre lecture. Par exemple, il pousse sa démonstration sur l’éventuelle dangerosité de la religion lorsque celle-ci est entre de mauvaises mains. Les hommes sont prêts à tout pour leur dieu, mais certains se servent de ces croyances pour manipuler d’autres individus. Cela nous renvoie à une réelle réflexion sur le sujet. Par ailleurs, il nous fait parfois tourner en bourrique — pour notre plus grand plaisir, il faut bien le reconnaître. On se demande jusqu’où les choses vont aller, quel sera le fin mot de l’histoire qu’on ne découvre qu’en tournant la dernière page… Et la fin… Quelle fin ! J’ai été vraiment ébahie par ce que l’auteur a imaginé, c’était aussi génial qu’inattendu.

La plume de Gabriel Katz est un régal. C’est très bien écrit, ça se lit tout seul, c’est super fluide, et réellement intéressant. Il nous embarque, nous prenant par la main et ne nous lâchant pas. Il nous fait entrer dans son univers et rend son roman très addictif à tel point que l’on veut connaître la fin. Le monde né de son imagination est très riche et plein de rebondissements, mais on se n’y perd pas pour autant. Le premier tome était excellent, celui-ci est dans la lignée : ceux qui ont apprécié le premier aimeront également le second, mais de toute façon, vu la façon dont se clôt « La marche du prophète », on a envie, voire besoin, de se plonger dans la suite. La sauce prend à merveille. Je découvrirai avec grand plaisir d’autres livres de Gabriel Katz, et je compte d’ailleurs lire l’ensemble de sa bibliographie. 

mardi 20 juin 2017

Aeternia, tome 1 : "La marche du prophète", Gabriel Katz

448 p., Pocket, septembre 2016

Quatrième de couverture :

Leth Marek se retire invaincu des arènes de Morgoth après des années de combats, de triomphes et de gloire. Le gladiateur a décidé d’emmener ses fils à Kyrenia — cité du savoir et de la culture — pour leur offrir l’éducation à laquelle il n’a pas eu droit. Mais sa route croise celle d’un culte itinérant et de son Prophète.
Les nomades prêchent leur religion au détriment de la Grande Déesse adorée par les Kyréniens. Leur foi est profonde, leur progression, inexorable. Dans la cité mère, où les puissants du Temple s’entredévorent, une guerre ouverte va éclater. Les fanatismes et les ambitions vont s’aiguiser. Et la hache de Leth va de nouveau tremper dans le sang…


Mon avis : 

Le premier tome d’Aeternia nous présente Leth Marek, qui est le plus grand gladiateur de Morgoth, jusque-là invaincu. Au début de l’ouvrage, nous assistons à son dernier combat, duquel il sort vainqueur, et alors qu’on lui propose de continuer, il refuse, car souhaite désormais s’occuper de ses deux fils. Il va les emmener à Kyrenia, une ville très importante au sein de laquelle ils pourront se former et avoir ainsi les meilleurs atouts en mains pour leur vie d’adulte. Jusqu’ici, les deux enfants étaient avec leur mère, et c’est désormais Leith qui va en avoir la charge. Au début de leur voyage, qui va durer un certain temps, les relations entre ce père et sa descendance sont assez tendues, car ils ne se connaissent pas vraiment, et les enfants sont loin d’être ravis d’avoir quitté leur logis, leurs amis et leurs habitudes. De plus, Leth est un personnage assez dur et renfrogné au premier abord. Petit à petit, il va briser sa carapace, et une certaine complicité commence à voir le jour. Mais un jour, alors que Leth vient en aide à Nessirya, une femme victime de la cruauté d’hommes qui se font appeler les Rédempteurs, un drame va se produire en son absence. Désormais, il n’a plus qu’une idée : prendre les armes et se venger.

J’ai beaucoup aimé Leth, le personnage principal, car ce gladiateur semble au premier abord très bourru, mais on se rend compte que c’est avant tout un homme qui a été blessé. Au cours de son périple, il va faire la rencontre de Desmeon — sans doute mon protagoniste préféré — qui est un mercenaire. Il va combattre aux côtés de Leth. Il est un plus léger, et est amusant de par son comportement, mais aussi à travers les propos qu’il peut tenir. Il va s’attacher au chien qui appartenait à l’un des fils de Leth, et ils vont former un duo étonnant qui nous fera rire plus d’une fois. Enfin, il y a Nessyria, une jeune prêtresse dont on fait la connaissance assez rapidement — puisque Leth la sauve des griffes des Rédempteurs — et que l’on retrouve par la suite. Leth et elle vont s’attacher l’un à l’autre, mais du fait de son statut, Nessyria ne peut pas avoir de relation amoureuse, car elle doit se vouer à la religion. Nous allons également faire la connaissance de Varian, un jeune homme qui souhaite devenir prêtre, et qui se rend à Kyrenia et espère parvenir à gravir rapidement les marches pour atteindre un grade assez important.

L’intrigue de « La marche du prophète » se déroule sous fond de guerre de religion, car deux cultes s’affrontent : celui d’Ochin et celui de la Grande Déesse. La problématique de la religion est mise en avant, et on voit que les hommes sont prêts à tout faire au nom du Dieu auquel ils prétendent croire. Ils vont tuer, massacrer… Il est également question de vengeance, de clans qui s’opposent. Il y a des personnages différents et travaillés, qui sont loin d’être manichéens, ce qui leur apporte un certain relief, et l’auteur leur a accordé un soin tout particulier. Il y a de l’humour, de l’action, on tremble, on espère…

Gabriel Katz met en place tout un univers captivant, qu’il dépeint à merveille. Il y a pas mal de personnages, mais l’on parvient à suivre sans difficulté. C’est très bien écrit, très rythmé. Il alterne les dialogues, scènes d’action et descriptions. Les chapitres sont relativement courts, ce qui donne constamment au lecteur envie de poursuivre un peu plus le roman, d’autant plus que le suspense est très présent dans Aeternia. Gabriel Katz capte notre attention et la maintient sans cesse. Quant à la fin… quelle fin ! Elle est inattendue, aussi géniale que cruelle, et on n’a qu’une envie : se plonger dans le tome 2 (ce que j’ai immédiatement fait une fois le premier opus refermé).

« La marche du prophète » est donc un excellent roman. Je ne suis pas une grande lectrice de fantasy, mais je suis entrée dans ce monde sans difficulté. C’est bien pensé, bien décrit. Gabriel Katz a une imagination débordante que l’on ne peut que saluer, et je recommande vivement ce roman. Avec Aeternia tome 1, j’ai frôlé le coup de cœur !

mardi 13 juin 2017

La Tour, Cécile Duquenne

157 p., Voy'[el], novembre 2015


Quatrième de couverture :

Jessica, 16 ans, se réveille dans un marécage artificiel aux dangers bien réels. Très vite, elle comprend qu’elle se trouve au sous-sol d’une étrange tour sans fenêtres, et que le seul moyen d’en sortir est de monter jusqu’au toit. Accompagnée de quelques autres jeunes, elle se lance dans l’ascension de sa vie, explorant chaque niveau, affrontant les dangers embusqués… Et les révélations. Car Jessica n’a plus aucun souvenir d’avant son arrivée ici. Ils lui reviennent par bribes, étage après étage, et plus elle en apprend, moins elle désire sortir — surtout que son pire ennemi se trouve à l’intérieur avec elle. Bientôt, l’envie de se venger prend le pas sur l’envie de s’échapper… 
Et si en exhumant les secrets de son passé, Jessica levait aussi le voile sur la véritable fonction de La Tour ?


Mon avis :

La Tour est un court roman de science-fiction rédigé sous forme de huis clos par Cécile Duquenne. Au début, on fait la connaissance d’une jeune fille qui n’a plus aucun souvenir de qui elle est ni d’où elle vient. Elle se réveille au milieu de marécages où il y a de l’eau croupie, mais surtout des crocodiles. Peu à peu, elle va se remémorer son prénom et son âge (Jessica, seize ans), et des bribes de souvenirs vont lui revenir au fur et à mesure de la narration. Elle va s’apercevoir qu’elle n’est pas seule dans cette tour, mais entourée de plusieurs autres personnes entre seize ans et une petite trentaine d’années environ. Pour survivre, ils vont devoir s’échapper de cet endroit qui les retient prisonniers et dirigé par une entité inconnue, mais ils ne vont pas tarder à s’apercevoir que tous ignorent qui ils sont, pourquoi ils sont là, quel est ce lieu absolument étrange et lugubre d’où aucune issue ne semble possible. Ils craignent de mourir de faim et de soif, et deux groupes vont se dessiner. Avec deux autres garçons, Jessica, qui est un peu plus intrépide, va essayer de grimper pour sortir de là. Tout au long du roman, nous allons suivre leur progression, les différentes créatures qu’ils vont rencontrer au sein de cette tour excessivement grande.

Lorsque Jessica retrouve la mémoire et que l’on en sait davantage sur elle, on s’aperçoit qu’il y a une certaine ambivalence autour de cette jeune femme. En effet, elle ne paraît pas foncièrement mauvaise, mais elle a commis des actes répréhensibles. On découvre les raisons de sa présence dans cette tour – et, par conséquent, les grandes lignes du pourquoi les autres personnages sont eux aussi enfermés, et nous allons nous intéresser plus particulièrement à un certain Melvin. On s’attache ainsi à Jessica, tout en gardant une forme de réserve vis-à-vis d’elle.

Nous frissonnons avec les hommes et femmes mis en scène, nous avons toujours envie d’en savoir plus, de découvrir si Jessica va réussir à s’échapper de cet endroit, si elle va parvenir à mener à bien le second objectif qu’elle se fixe dans la seconde partie du roman, à partir du moment où elle recouvre réellement la mémoire. Il y a beaucoup d’action, l’histoire est très haletante et des petits éléments sont disséminés tout au long de l’intrigue, qui relancent l’intérêt du lecteur, telles certaines révélations sur les personnages présents. Cécile Duquenne parvient à nous présenter tout un univers et différents protagonistes dans un récit assez court et très bien ficelé. J’ai par conséquent beaucoup apprécié cet ouvrage.

Des questions un peu plus profondes sont posées autour de ce qui a trait à la justice : comment les choses sont-elles jugées ? Pourquoi un acte peut-il se voir sous deux façons différentes ? Le concept de jugement a donc une part importante dans ce récit, et l’auteure nous amène à nous questionner sur ce thème.