mercredi 31 mai 2017

Bilan du mois de mai 2017

Ce mois-ci, j'ai lu deux livres que j'ai tout particulièrement aimés :

 

Et deux livres qui m'ont fait passer un bon moment :

 


dimanche 28 mai 2017

Alfie le chat du bonheur, Rachel Wells

312 p., City Poche, janvier 2017

Quatrième de couverture :

Alfie est un chat errant. Sans foyer depuis que son ancienne maîtresse est décédée, il erre de rue en rue jusqu’au moment où il arrive dans Edgar Road. Là, Alfie sait immédiatement qu’il a trouvé son nouveau quartier. Mais les habitants ne sont pas franchement d’accord : la dernière chose dont ils ont besoin c’est d’un chat qui passe de maison en maison ! Alfie est donc régulièrement chassé. Jusqu’au jour où plusieurs familles acceptent de le nourrir et de l’héberger à tour de rôle. Et quand l’adversité frappe, tous réalisent à quel point ils ont besoin du petit félin… Alfie ? Un chat qui apporte de l’espoir, de la sagesse et qui rend la vie plus douce.


Mon avis :

Lorsque Margareth, la maîtresse d’Alfie, décède, ce petit chat se retrouve seul, puisque les héritiers de Margareth n’ont absolument pas pour projet de l’adopter, et pensent davantage à le confier à un refuge. Alfie se refuse totalement à cette idée, et il va décider de devenir un chat pas-de-porte, sur les conseils des autres félins du quartier. Il aura plusieurs foyers, sera nourri par plusieurs personnes, et sera ainsi assuré de ne jamais manquer de rien. Il devra juste parvenir à être accepté et trouver sa place au sein des maisons qu’il aura choisies. Il va donc se retrouver à Edgar Road, et faire tout d’abord la connaissance de Chloé, une jeune femme qui vient d’emménager ici suite à une rupture amoureuse. Il va également rencontrer Jonathan, qui a décidé de tout plaquer pour prendre un nouveau départ dans sa vie. Il va ensuite découvrir deux autres familles : celle de Polly, qui s’est installée à Londres pour le travail de son conjoint, et celle de Franceska, qui vient de Pologne. Chacune de ces familles va avoir des problèmes qui leur sont propres : Chloé n’est pas loin de la dépression et a tendance à oublier ses tourments dans l’alcool, Jonathan n’est pas non plus très épanoui professionnellement ni personnellement, Polly a des soucis avec son nourrisson qui ne cesse de pleurer, et Franceska a le blues de ses origines et doit parvenir à s’intégrer avec sa famille dans leur nouveau pays..

C’est vraiment une très belle histoire, et Alfie est un chat super mignon. C’est d’ailleurs lui le narrateur du récit, et nous allons voir les personnages évoluer à travers ses yeux. Il va aller de maison en appartement, et nous avons le plaisir de l’accompagner au fur et à mesure de ses pérégrinations. Il va apporter son aide aux différents protagonistes, et ainsi parvenir à se faire accepter, puis apprécier — même de la part de Jonathan, qui, au début, était absolument réfractaire à l’idée d’avoir un animal de compagnie, ou de Polly, qui avait peur des félins. Tout le monde va donc plus ou moins faire d’Alfie son chat, mais en même temps, il est tellement adorable qu’il ne pourrait en être autrement ! La narration est l’œuvre de cette boule de poils, ce qui pourrait en déranger certains, mais ce ne fut absolument pas mon cas : j’ai été totalement embarquée dans l’histoire. J’ai beaucoup aimé la façon dont c’était écrit, la manière dont l’auteure utilise nos expressions pour en faire des expressions de chat, ne parlant ainsi pas d’un « coup de main », mais d’un « coup de patte », etc. Cet animal va vraiment être doué d’empathie pour ses maîtres et maîtresses, et être prêt à braver certains dangers pour eux. À sa façon, il va les aider à progresser et à s’épanouir dans leur vie, et nous allons aussi nous attacher à ces différents humains qui gravitent autour d’Alfie, car chacun d’eux parvient à nous toucher par son histoire et sa personnalité.

Le titre de l’ouvrage est Alfie, le chat du bonheur et il est vrai que ce roman est une petite bouffée de bonheur. C’est un livre doudou, qui fait du bien et qui ne donne qu’une envie : avoir un chat comme Alfie tellement celui-ci est adorable. C’est donc une jolie histoire, portée par une plume fluide et agréable. On a l’impression que ce chat nous parle à nous, lecteurs, et même si l’on sait que cela n’est pas possible, on se laisse volontiers embarquer dans le récit et on suit ses aventures avec un réel plaisir. Et lorsqu’on referme cet ouvrage, on se dit : « Oh ! Quelle belle histoire ! » 

lundi 22 mai 2017

L'Émeraude oubliée, tome 2 : "Le réveil", Lina Carmen

183 p., Éditions NL, septembre 2016

Quatrième de couverture :

Yan et Sonia sont enfin de l’autre côté du Mur, au cœur d’une nature aussi éblouissante qu’une émeraude. Mais un mal ronge Sonia de l’intérieur. Elle ne peut se résoudre à rester. Son retour à Mornia sera douloureux face à un père toujours aussi retors. Mais au milieu de la tourmente, Sonia n’est pas seule. Yan est toujours là pour la relever. Trouveront-ils enfin cette liberté tant espérée ? Quant à Arthur, il est envoyé à Montvert afin d’en apprendre davantage sur le fonctionnement d’une démocratie. Il va découvrir une ville fantastique qui a su allier technologie et écologie. Mais est-elle si parfaite que ça ?


Mon avis :

Attention, si vous n’avez pas lu le premier tome de cette trilogie, la chronique ci-dessous vous en dévoile des éléments.

Dans le deuxième volume de L’Émeraude oubliée, qui s’intitule « Le réveil », on reprend l’histoire exactement là où elle s’était arrêtée à la fin du premier opus. Sonia a décidé de retourner à Mornia, d’où elle est originaire, afin d’accéder au pouvoir en destituant son père. Elle souhaite montrer à tous que ce dernier est un tyran et instaurer une démocratie là où il n’y a qu’une dictature. Son acolyte Yan va bien évidemment la suivre, et ils vont mener ce projet ensemble. D’un autre côté Arthur, un autre adolescent qui les avait accompagnés dans le premier tome lors de leur échappée, va quant à lui aller à Montvert. Il s’agit d’une ville un peu excentrée par rapport à Mornia, que l’on atteint après avoir traversé la forêt qui se trouve à l’extérieur, où est établie une démocratie. Il va découvrir cette ville, car une jeune fille dont il a fait la connaissance précédemment lui propose de la lui faire visiter, et il va souhaiter en rencontrer la présidente. Lorsqu’ils pénètrent à Mornia grâce à la complicité de tiers, Sonia et Yan vont apprendre ce qu’il s’y est passé depuis leur absence : le père de Sonia a fait croire au décès de sa fille, mais aussi à celui de la mère de cette dernière, qui serait morte de chagrin après avoir perdu Sonia. Désormais, Percy prépare son remariage avec une autre femme, dans le but de perpétrer une nouvelle descendance. Sonia souhaite bien évidemment empêcher tout cela, et découvrir ce qu’il est réellement advenu de sa mère.

Il y a donc beaucoup d’action dans ce deuxième volume. Yan et Sonia sont vraiment dans la continuité de ce qu’ils étaient jusqu’alors. Ils sont très fidèles à ce qu’ils avaient pu faire ressentir au lecteur dans le premier tome, et ils paraissent encore davantage proches l’un de l’autre. D’ailleurs, la frontière entre amitié et amour semble de plus en plus mince, et il est légitime de se demander si elle ne va pas être franchie. De plus, nous découvrons de nouvelles facettes de ces personnages. Cette fois-ci, c’est plus Sonia qui va mener la barque et être dans l’action, alors que Yan sera un adjuvant qui va l’aider à essayer de réaliser sa mission.

La plume de l’auteure est toujours aussi agréable, et l’on s’imagine aisément marcher aux côtés de Yan et Sonia dans les souterrains de Mornia, se rendre d’un lieu à l’autre en essayant de se cacher à tout prix de la police. On fait plus ample connaissance avec certains protagonistes assez sympathiques qui vont tenter de les épauler dans leur quête, même si celle-ci va être quelque peu bouleversée par des imprévus.

Malheureusement, j’ai un peu moins apprécié ma lecture que celle du premier tome. En effet, il se passe diverses choses, mais au final, pas tant que ça, et on n’a pas vraiment l’impression d’avoir beaucoup avancé dans l’intrigue une fois que l’on a fini ce récit. De plus, on aimerait bien avoir la suite, mais elle n’est pas encore sortie — et j’ignore même si elle dans les tuyaux. Par ailleurs, il y a de nombreuses coquilles dans le roman, à savoir des fautes d’orthographe, de grammaire ou de conjugaison, ou un mot utilisé pour un autre, ce qui est assez dommage, d’autant plus que je n’ai pas rencontré ce souci dans le premier tome.

mercredi 17 mai 2017

L'Émeraude oubliée, tome 1 : "L'évasion", Lina Carmen

180 p., Éditions NL, février 2016

Quatrième de couverture : 

Mornia est une ville sinistre, sans aucune végétation, peuplée de tours de béton grises qui s’élèvent vers le ciel. Un mur infranchissable empêche toute sortie de cette prison qui ne dit pas son nom. Les plus riches vivent en haut des tours, dans le confort et le luxe. Les plus pauvres vivent en bas, dans la banlieue industrielle, recouverte d’une brume permanente. Yan, un garçon de 15 ans, est l’un de ces pauvres des bas-fonds dont le destin est de finir ouvrier dans une usine, comme son père et son grand-père. Pourtant, il rêve d’une autre vie. Peut-être là-haut, chez les riches ? Ou bien ailleurs qu’à Mornia ? Mais existe-t-il un autre monde que celui-ci ? Pour le savoir, il faudrait s’échapper. C’est alors que Yan rencontre Sonia, une jeune fille de son âge, issue des niveaux supérieurs, avec laquelle il va peut-être concrétiser ses rêves. L’évasion se prépare. Cependant, Percy et ses hommes sont prêts à tout pour faire échouer ce projet.


Mon avis :

La saga L’Émeraude oubliée est une dystopie plutôt destinée à la jeunesse. L’histoire prend place à Mornia, une ville construite en hauteur. Au sommet vivent les plus riches, en bas les plus pauvres, et ces deux classes de la population qui sont séparées par un brouillard — le smog — ne sont pas censées se côtoyer. Nous allons faire la connaissance de Sonia et de Yan, deux adolescents d’une quinzaine d’années. La jeune femme vient du monde d’en haut, alors que lui appartient aux pauvres. Il vit seul avec son père, sa mère les ayant abandonnés ; quant à elle, elle reste assez mystérieuse sur l’identité de ses parents (pour des raisons que je vous laisse la surprise de découvrir). Ils se rencontrent par hasard dans une salle de jeux, et vont très rapidement devenir amis. Yan sait qu’elle appartient aux riches, mais elle reste très discrète à ce sujet, et lorsque le jeune homme apprend au fur et à mesure du roman certains éléments de sa vie, Sonia dit toujours ne pas lui en avoir parlé, car elle veut être appréciée pour ce qu’elle est et non pas pour ce qu’elle possède. Elle lui permet de visiter les hauteurs, et ils voient ce qu’il y a de l’autre côté du mur qui sépare Mornia du reste du monde. Ils élaborent alors le projet de construire un aéronef, afin de s’échapper et d’explorer ce qu’il y a plus loin.

La vie à Mornia est régie selon les Écrits ancestraux, les livres ont été bannis et il n’y a plus que des supports numériques. Lorsque le président Percy, qui n’est autre qu’un dictateur, entend parler du projet de nos deux protagonistes et refuse formellement de voir des membres de son peuple s’échapper ainsi. Il va donc tout faire pour les en empêcher. Très dur, voire machiavélique, il veut gouverner en suivant à la lettre les Écrits ancestraux, et celui qui ne répond pas à ses demandes met sa vie en péril. Il semble prêt à tout pour parvenir à ses fins, et n’est clairement pas très apprécié par son peuple, et tout particulièrement par Sonia. 

J’ai beaucoup aimé la complicité entre nos deux héros, opposés de par leur classe sociale, mais qui forment néanmoins un excellent duo. Leur amitié est sincère et dénuée d’intérêt, ils s’épaulent, se préservent mutuellement, et sont vraiment rusés. Je ne peux pas dire que j’ai préféré un personnage à un autre, car ils sont très complémentaires. Leur quête est avant tout une quête de liberté, puisque leurs choix et leurs droits sont entravés à Mornia. Ils souhaitent vivre, voir ce qu’il y a plus loin, découvrir le monde. Assez réfléchis malgré leur âge — sans pour autant décrédibiliser le récit —, ils sont courageux, et lorsque l’un a tendance à s’écarter du droit chemin, il peut compter sur l’autre pour l’en avertir. 

L’auteure a une imagination très fertile pour décrire Mornia ainsi que ce qu’il y a derrière les remparts de la ville. Elle a réussi à modeler des personnages dans un univers créé de A à Z, et le résultat est vraiment chouette. Son écriture est très fluide, il n’y a pas de temps mort dans la narration de ce premier tome ; les pages se tournent toutes seules, notamment grâce à des chapitres qui alternent d’un personnage à un autre. Le récit est rythmé, il y a beaucoup d’action. Le livre se dévore — il est en même temps très court, il faut le reconnaître. J’ai donc passé un très bon moment de lecture. La fin est parfaite et donne une seule envie : ouvrir le tome 2, ce que j’ai déjà fait !

vendredi 12 mai 2017

Les Décharnés, Paul Clément

320 p., autoédition, décembre 2015

Quatrième de couverture :

Une journée de juin comme une autre en Provence. Blessé à la cheville, Patrick, un agriculteur de la région, asocial et vieillissant, ne souhaite qu’une chose : se remettre au plus vite pour retrouver la monotonie de sa vie, rythmée par un travail acharné.
Mais le monde bascule dans l’horreur lorsque les automobilistes, coincés dans un embouteillage non loin de chez lui, se transforment soudain en fous assoiffés de sang... de sang humain. S’il veut survivre, Patrick doit non seulement faire face à ces démons qui frappent à sa porte mais aussi à ceux, plus sournois, qui l’assaillent intérieurement.
Et si cette petite fille, qu’il prend sous son aile, parvenait à le ramener, lui, vieux loup solitaire, dans le monde des vivants ?


Mon avis : 

L’histoire se passe en Provence, et le héros est un fermier prénommé Patrick. D’un certain âge, c’est un homme un peu bourru et solitaire, marqué par un drame qui s’est joué dans sa vie. Alors qu’il s’octroie un moment de repos sur sa terrasse, la première attaque de zombies sévit devant ses yeux, sur la route située au bord de son exploitation. Ainsi, il se calfeutre dans sa maison, et avant d’y pénétrer, il a tout juste le temps de sauver Emma, une petite fille qui se retrouve seule et qu’il va prendre sous son aile. Cependant, de fil en aiguille, ils vont être contraint de sortir, car acculés par la masse de zombies qui grouillent devant chez lui. Lors de leur parcours, ils vont faire la rencontre de Karim, un quarantenaire qui les invite à les suivre jusqu’à l’école d’Emma, où pas mal de personnes se sont réfugiées. Ils vont y connaître, la faim, la soif, les privations. 

Plusieurs thématiques sont abordées dans ce roman. Bien évidemment, il y a l’apocalypse zombies, avec l’arrivée de ces créatures. Pourtant, ce ne sont pas forcément eux les plus mauvais, car ce sont des monstres desquels il faut se protéger, mais ils n’ont plus vraiment de conscience et agissent plus par instinct que par volonté de faire le mal, contrairement aux hommes. En effet, nous allons en rencontrer de très bons à travers ces pages, qui sont prêts à aider les autres, à partager ce qu’ils ont, à œuvrer pour le groupe. Mais à côté de ces belles personnes, il y a des individus absolument abjects, capables de sacrifier leurs semblables, enfants comme adultes, voire à les tuer.

Dans un premier temps, je n’appréciais pas Patrick, parce qu’il me paraissait très froid. D’ailleurs, il semble ne pas vouloir s’attacher à Emma, et se donne comme mission de la mettre à l’abri en retrouvant le père et le frère de l’enfant. Et puis, petit à petit, il va se rapprocher d’elle, et une belle complicité va naître entre eux deux. Cette petite fille, qui l’appelle Monsieur Patrick, est vraiment touchante. On assiste à une réelle évolution dans leurs rapports : au début, Patrick est plutôt son protecteur et souhaite la mettre à l’abri, mais tout au long du récit, leur relation se développe et il va y avoir une belle histoire entre ces deux personnages. À travers celle-ci, j’ai appris à apprécier Patrick. Au fur et à mesure, alors que l’humanité disparaît petit à petit à cause de l’horreur qui sévit autour d’eux, lui semble retrouver une part de la sienne.

L’auteur met en place tout un univers dans notre monde, en Provence, et tout ça paraît en fait très réel. Si cela devait arriver, on a un peu l’impression que ça se déroulerait de cette façon. Néanmoins, il y a beaucoup de narration, et donc assez peu d’échanges de paroles dans ce livre. Il se passe beaucoup de choses, il y a beaucoup d’action, mais à mon sens, le manque de dialogues rend par moment cela quelque peu indigeste. La fin est somme toute cohérente avec le reste du roman et répond aux attentes du lecteur. Ainsi, Les Décharnés est donc un bon ouvrage que je recommande aux amateurs du genre, où à ceux qui souhaitent s’y initier.