lundi 31 juillet 2017

Bilan du mois de juillet 2017

En ce mois de juillet, j’ai lu cinq livres. Commençons par mon presque coup de cœur :

http://chroniques-dune-lectrice.blogspot.com/2017/07/tu-comprendras-quand-tu-seras-plus.html

 J’ai passé un excellent moment avec cet ouvrage chick-lit :

http://chroniques-dune-lectrice.blogspot.com/2017/07/un-doux-pardon-lori-nelson-spielman.html

J’ai été émue par ces deux ouvrages, et le second a été un coup de cœur :

http://chroniques-dune-lectrice.blogspot.com/2017/07/a-la-place-du-cur-saison-1-arnaud.html         http://chroniques-dune-lectrice.blogspot.com/2017/07/a-la-place-du-cur-saison-2-arnaud.html

Et j’attendais un peu plus de ce roman dystopique, même s’il m’a fait passer un bon moment :

http://chroniques-dune-lectrice.blogspot.com/2017/07/the-book-of-ivy-amy-engel.html

dimanche 30 juillet 2017

À la place du cœur, saison 2, Arnaud Cathrine

306 p., Robert Laffont, mars 2017

Quatrième de couverture :

La fin de l’année 2015 arrive à grands pas. Je me suis souvent demandé ces derniers mois : j’ai quoi à la place du cœur ? À la place du cœur, j’ai toi.


Mon avis :

Attention, si vous n’avez pas lu le premier tome de ce diptyque, la chronique ci-dessous vous en dévoile des éléments.

Dans la saison 2 d’À la place du cœur, nous retrouvons Caumes, qui a bien du mal à faire face aux événements qui sont advenus au mois de janvier, puisque son ami Hakim est décédé sous les coups de ses harceleurs. Caumes n’arrive pas à surmonter cette épreuve, car il ressent beaucoup de haine, mais aussi de culpabilité. Nous allons donc découvrir comment il va appréhender tout cela, comment il va apprendre à gérer tout cela, quels seront ses choix, que va devenir sa relation avec Esther, sa petite amie, quels seront ses projets pour la rentrée — puisque 2015 est l’année de son Baccalauréat, etc.

Le livre est découpé en trois parties. La première est racontée par Niels, le cousin de Caumes, et on s’intéresse ici à leur été. Esther prend ensuite la parole, et va nous relater les faits à partir de la marche républicaine qui avait eu lieu après les attentats de Charlie Hebdo et de l’hyper casher de Vincennes, et c’est d’ailleurs lors de cet événement qu’ils avaient tous appris le décès de Hakim suite aux coups de ses bourreaux. Son intervention s’arrêtera un peu après la rentrée scolaire. Enfin, Caumes reprend la plume, et nous allons découvrir ce qu’il est devenu, surtout à partir du mois de septembre, le récit trouvant sa conclusion peu après les attentats de novembre au Bataclan. Ces trois points de vue très bien faits et originaux nous offrent ainsi trois versions différentes, mais complémentaires. 

Nous assistons à la descente aux enfers de Caumes, qui se replie sur lui-même. Son cousin ne le reconnaît plus, Esther ne parvient plus à discuter avec lui et a le sentiment que leur amour est mort en même temps que Hakim, mais qu’une partie de celui qui était son petit ami a également disparu. C’est donc un récit très poignant, qui nous embarque et que l’on dévore. Il est très difficile de le reposer, car on veut savoir la suite et connaître les pensées de Caumes.

Au début, Niels n’est pas au courant de ce qu’il s’est passé et il va être très choqué de retrouver son cousin dans cet état : très renfermé sur lui-même, il ne parle pas, ne sort pas, puis il va tout d’un coup commencer à brûler la vie par les deux bouts, entrant dans un processus autodestructeur. Esther, impuissante, souffre énormément de cette situation, car elle l'aime sincèrement et espère le retrouver. Elle voudrait l’aider, mais elle se rend compte qu’il a dressé un mur infranchissable entre eux. Elle qui avait d’ailleurs prévu de poursuivre ses études à Tours décide de revoir ses plans et de partir à Paris en apprenant que Caumes sera dans la capitale à compter du mois de septembre. Elle y est hébergée par son frère, qui essaiera de l’aider à oublier ce garçon, mais Caumes reste présent à chacun de ses pas et à chacune de ses pensées. Et il y a Caumes, qui sèche les cours, qui s’autodétruit… Il a fait une tentative de suicide en début d’année et s’est retrouvé dans un établissement spécialisé. Il se laisse plonger dans son mal-être, et on a l’impression que personne ne peut l’aider, à part peut-être lui-même, car il vit alors plus avec son ami mort qu’avec les vivants.

C’est vraiment un ouvrage très poignant. Arnaud Cathrine a une écriture rythmée, incisive et percutante qui ne peut laisser le lecteur de marbre. Il y a plein de phrases que l’on pourrait noter dans un carnet de citations. L’auteur nous pousse à nous interroger sur comment avancer dans cette vie qui est parfois injuste et fait de nous des victimes, mais qui est aussi une chance inestimable quels que soient les obstacles qui se dressent sur notre chemin. C’est un livre qui m’a bouleversée, et le fait qu’il s’achève sur les attentats de novembre à Paris est une expérience de lectrice éprouvante. J’ai ressenti beaucoup d’empathie pour Esther, et j’ai adoré son personnage. J’en ai également eu pour Caumes, car Arnaud Cathrine parvient à ce que le mal-être de Caumes suinte à travers les pages de son roman. C’est dur, le sujet est difficile, et néanmoins très beau. Autant le côté « adolescent travaillé par ses hormones » m’avait un peu agacée dans le premier tome, autant cela disparaît presque totalement. J’ai donc eu un coup de cœur pour ce livre, et je manque de mots pour en parler. La seule chose que j’ai envie de vous dire est : lisez-le et découvrez-le par vous-mêmes, car c’est vraiment une expérience enrichissante.

lundi 24 juillet 2017

The Book of Ivy, Amy Engel

304 p., Pocket jeunesse, novembre 2016

Quatrième de couverture :

Je m’appelle Ivy Westfall, et je n’ai qu’une seule mission : tuer le garçon qu’on me destine, Bishop, le fils du président. Je me prépare pour ce moment depuis toujours. Peu importent mes sentiments, mes désirs, mes doutes, car les espoirs de toute une communauté reposent sur moi. Le temps de la rébellion approche…


Mon avis :
Suite à une guerre nucléaire, le monde a été décimé, et plusieurs milliers d’habitants se sont regroupés dans une ville, où ils se sont organisés. Deux familles sont opposées : les Westfall (la famille d’Ivy) et les Lattimer (celle de Bishop). Le grand-père d’Ivy était le fondateur de la communauté, mais c’est aujourd’hui le père de Bishop qui en est le président. La vie a été aménagée suite aux événements : ils vivent en autarcie dans une ville qui est fermée à ceux de l’extérieur, et connaissent diverses privations, comme un rationnement électrique ou de nourriture, et l’argent n’existe plus. Cette communauté a des particularités, dont les mariages arrangés entre les habitants des deux parties de la ville qui ont lieu entre seize et dix-huit ans, et qui sont garants de la paix et de la cohésion de la nation. Ivy Westfall se voit promise à Bishop Lattimer. Ivy a été élevée par sa sœur et son père, qui lui ont confié une mission : éliminer Bishop, car ils ont eux-mêmes un plan, et si Ivy parvient à ses fins, ils pourront reprendre le pouvoir.

L’ouvrage commence juste avant la cérémonie, et Ivy, qui se retrouve mariée à Bishop, emménage dans ce qui sera désormais leur maison. Elle s’attend à partager son quotidien avec quelqu’un de hautain, d’orgueilleux, et qui ne la traitera pas forcément avec respect, pensant que le jeune homme la verra seulement comme celle qui lui permettra d’assurer sa descendance. Elle est donc sur ses gardes, voire désagréable, et elle se retrouve dépourvue face au comportement de son époux, car elle se rend compte qu’elle s’était fait une idée de celui-ci très différente de la réalité. À force de discussions avec lui, elle va apprendre à le connaître, ce qui va remettre beaucoup de choses en question. De plus, elle s’aperçoit que sa famille avait peut-être une perception erronée des faits. Elle devra donc choisir entre trahir les siens, et tuer son mari.

Nous découvrons ce monde à travers les yeux d’Ivy, qui est la narratrice, puis on s’intéresse au point central du roman, qui n’est autre que la relation entre Ivy et Bishop, et la grande question sera de savoir s’ils vont faire ou non ce que leurs familles attendent d’eux. Les Lattimer ont élevé leur fils avec certains projets pour lui, le père d'Ivy a fait de même avec sa fille, et nos jeunes mariés pourront échanger leurs points de vue sur le côté de la ville où ils ont vécu et l’éducation qu’ils ont reçue. 

J’ai trouvé intéressante la façon dont l’auteure traite la relation entre Ivy et sa famille, et la manière dont cela va évoluer. Va-t-elle les suivre aveuglément ? Elle va également apprendre que son père et sa sœur lui ont caché certaines choses, et qu’il y a une sorte de secret de famille autour de la mort de sa mère. Il y a un vrai travail au niveau de la psychologie des personnages, qui ont chacun plusieurs facettes. Certains sont résignés à ce qui leur arrive, même si cela les fait souffrir, alors que d’autres semblent prêts à se battre pour leur liberté de choix. 

Cependant, l’univers en soi n’est pas énormément exploité pour un roman dystopique. J’aurais voulu en savoir davantage, car j’ai eu l’impression que la frontière avec la romance était vraiment mince. Bishop a un côté garçon idéal qui ferait battre le cœur de toutes les filles, mais leur amour paraît impossible du fait de la mission d’Ivy. Le premier tiers de l’ouvrage souffre de quelques longues, et il y a des éléments que l’on voit venir assez rapidement, ce que je déplore. J’aurais souhaité être davantage surprise. Le tout est quelque peu facile, et j’aurais apprécié que les choses soient plus poussées. L’écriture est fluide, mais le schéma narratif est relativement trop simpliste. Même si j’ai passé un bon moment avec The Book of Ivy et qu’il se lit très aisément, je dois reconnaître que j’attendais davantage de ce roman, d’autant que j’avais pu voir des avis dithyrambiques à son propos.

mardi 18 juillet 2017

Tu comprendras quand tu seras plus grande, Virginie Grimaldi

480 p., Le Livre de Poche, mai 2017

Quatrième de couverture :

Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, elle ne croit plus guère au bonheur. Une fois sur place, elle se souvient aussi qu'elle ne déborde pas d'affection pour les personnes âgées. Dire qu'elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme. Mais au fil des jours, la jeune femme découvre que les pensionnaires ont des choses à lui apprendre. Son quotidien avec des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé lui réserve des surprises qui pourraient bien l’aider à retrouver le sourire. Sans oublier Raphaël, le petit-fils d’une résidente, qui ne lui est pas indifférent… Une histoire de résilience, d’amour, d’amitiés, un livre plein d’humour et d’humanité, qui donne envie de savourer les petites joies de l’existence.


Mon avis :

Tu comprendras quand tu seras plus grande de Virginie Grimaldi nous présente le personnage de Julia, qui a perdu son père assez récemment, et qui a, peu de temps après, rompu avec son compagnon. Elle décide de postuler à un emploi de psychologue dans une maison de retraite située vers Biarritz, d’où elle est originaire. Suite au décès de son papa, Julia s’était réfugiée à Paris, chez sa meilleure amie. Elle est donc de retour sur la côte Atlantique, pas très loin d’où sa maman vit, mais elle préfère garder sa présence secrète et ne pas en parler à sa mère ni à sa sœur, car elle a besoin de se retrouver, de se ressourcer, mais aussi de gérer son chagrin et son deuil, et pour le moment, elle ne pense pas avoir les épaules assez solides pour faire face à la peine des autres. Elle arrive donc aux « Tamaris », où elle va s’occuper de personnes âgées et dépendantes, et, dans un premier temps, elle se demande ce qu’elle fabrique là et regrette un peu son choix. Néanmoins, elle va faire au fur et à mesure diverses rencontres avec des hommes et des femmes hauts en couleur, aussi bien au niveau des résidents que de l’équipe de soignants. Elle va notamment se rapprocher et lier une amitié sincère avec Greg et Marine, sans oublier Raphaël…

Je dois reconnaître que je n’attendais pas énormément de cette lecture, je pensais passer un moment divertissant, mais je n’étais pas sûre d’être plus emballée que ça. Néanmoins, une amie me l’ayant recommandé, j’ai tenté l’aventure. Dès les premières pages, je me suis surprise à me prendre au jeu, à être happée par la lecture. Les chapitres sont très courts, ce qui donne du rythme au récit. Nous découvrons tout du point de vue de Julia, ce qui est intéressant, mais aussi très addictif. De plus, cela dresse un panel de questionnements que l’on peut être amené à se poser.

Les protagonistes sont très différents : il y a un vieux bougon, une femme ayant perdu la mémoire des quarante dernières années de sa vie suite à un AVC, le gang de mamies, un homme qui est un véritable boute-en-train… Ce qui est amusant, c’est que l’on retrouve chez ces personnes âgées des problématiques présentes chez les plus jeunes : il va être question d’amour, de détente, de bon temps… Greg et Marine vont se lier d’amitié avec Julia, et ils vont former un trio détonnant. Et n’oublions pas Raphaël, qui pourrait mettre à mal les certitudes de Julia et ses projets à moyen terme. C’est donc relativement rafraîchissant. Mais en même temps, on aborde des sujets beaucoup plus profonds, comme la perte d’un être cher, ou encore la maladie. 

Julia est en proie à une réelle remise en question de la personne qu’elle est : a-t-elle fait les bons choix ? Elle se rend compte qu’elle est pétrie de peurs et qu’elle est effrayée par son avenir. Par certains aspects, ce livre m’a « parlé » et je me suis parfois reconnue dans le personnage de Julia, à propos de ce qu’elle peut ressentir et des questionnements qui l’assaillent, et j’ai donc trouvé cela très intéressant et je me suis beaucoup attachée à cette jeune femme, qui connaît une réelle évolution entre la première et la dernière page, qui va être possible grâce aux personnes qu’elle va rencontrer au cours de son séjour aux Tamaris. Il y a d’ailleurs des choses amusantes ; par exemple, lorsqu’elle arrive dans cette maison de retraite pour remplacer la psychologue de l’établissement qui est en congé maternité, elle regrette quelque peu sa décision et y va presque à reculons, et quand elle doit quitter son poste, on assiste à une scène très émouvante, car elle s’est prise d’affection pour les habitants des lieux, et inversement.

Il y a des passages très touchants, et je me suis surprise à verser une larme à un moment — sachant qu’il est très rare que cela m’arrive en lisant un livre. J’ai vraiment beaucoup aimé Tu comprendras quand tu seras plus grande, qui aurait pu être un coup de cœur s’il n’y avait eu cette fin sur laquelle j’émets quelques réserves, car je ne suis pas vraiment en accord avec le choix de l’auteure. Je n’ai pas vraiment compris ce parti pris quant à cette révélation qui ne m’a pas vraiment convaincue. Mais cela se passe à peine sur les vingt dernières pages, et sans ce point un peu en deçà, c’est un superbe livre que je recommande chaudement à tous, aussi bien pour l’ambiance qui s’en dégage et qui nous offre du positif, et de l’espoir. Le regard que les personnes âgées peuvent avoir sur leur existence et vraiment très intéressante et instructive et nous ouvre des questionnements sur notre propre vie. Il y a donc aussi bien des éléments légers que des sujets plus profonds. C’est un livre à mettre entre toutes les mains, même si l’on n’est pas forcément un adepte de ce genre de littérature, car je pense que bon nombre en ressortiront convaincus et passeront un agréable moment de lecture.

lundi 10 juillet 2017

À la place du cœur, saison 1, Arnaud Cathrine

252 p., Robert Laffont, septembre 2016

Quatrième de couverture :

Six jours dans la peau de Caumes qui vit son premier amour. Dix jours de janvier 2015 où la France bascule dans l'effroi.


Mon avis :

À la place du cœur va nous relater l’histoire de Caumes, qui vient de fêter son dix-septième anniversaire et qui va vivre ses premiers émois amoureux, puisqu’il va tomber sous le charme d’Esther. Mais le moment ne va pas être le mieux choisi, car tout cela prend place pendant les événements qui ont secoué la France au début du mois de janvier 2015, avec les attentats perpétrés à Charlie Hebdo, à Montrouge et à l’hyper casher de la porte de Vincennes. Caumes va se retrouver un peu perdu au niveau de ses sentiments, car les événements précédemment cités vont beaucoup secouer son environnement et remettre en cause beaucoup de choses, notamment à cause des réactions de ses proches, qu’il s’agisse de ses parents ou de ses camarades. En parallèle de tout cela, Hackim, un de ses amis, va être victime de harcèlement scolaire…

Je dois reconnaître qu’au début, la lecture d’À la place du cœur fut très laborieuse, le problème résidant dans le personnage de Caumes. En effet, ce dernier est très travaillé par ses hormones, et j’ai trouvé cela insupportable, et j’ose espérer que tous les garçons de dix-sept ans n’ont pas le cerveau situé entre les jambes. Malheureusement, au début c’est vraiment ce qui se passe, et c’est assez pénible de ne pas pouvoir tourner trois pages sans qu’il soit question de « bite » ou de « branler ». Ce qui m’intéressait surtout, c’était la manière dont l’auteur allait aborder les événements du mois de janvier 2015, et si je n’en avais pas eu connaissance, je pense que j’aurais refermé le livre tant Caumes était insupportable. Puis arrivent les attentats, et Caumes va devenir beaucoup plus intéressant — et c’est d’ailleurs vers la fin du roman que son personnage est le plus travaillé. Malgré tout, il est capable de raisonnements vraiment poussés, et des passages où l’on se dit qu’il en a réellement dans la tête… et malheureusement, d’autres où il s’intéresse plus à ce qu’il a dans le pantalon.

J’ai trouvé novatrice la façon dont les attentats sont traités dans cet ouvrage, de découvrir comment cela peut être perçu par des lycéens, les questions que cela peut amener dans une classe et les polémiques que cela va créer. Il y a des réflexions très intéressantes qui sont posées, comme les limites entre l’information et le voyeurisme, mais aussi comment cela peut être perçu à travers la communauté musulmane, les différentes interrogations que tout cela peut amener au sein d’une classe ou encore d’une famille, qu’est-ce que les parents peuvent et ne peuvent pas dire, le rôle des journalistes… Tout cela va pousser Caumes, Théo, Hackim et Esther à grandir, car ils ont la possibilité de prendre position dans la vie de leur pays (en allant par exemple à la marche républicaine).

Caumes a donc deux amis : Hackim, un jeune beur qui vit chichement et qui est la cible des persécutions de Nicolas Ballard, dont les parents sont membres du Front national, et Théo, qui est le fils du maire. Ils sont très dissemblables, mais se complètent pourtant et parviennent à se retrouver dans leurs différences.

Une autre question se pose : la France est secouée par la vague d’attentats, Hackim se fait violenter, et Caumes vit ses premiers amours, et il ressent une certaine culpabilité pour cela. Comment pourrait-il avoir le droit d’être heureux quand d’autres pleurent leurs morts ?

C’était donc un livre qui partait mal, à cause du personnage principal, mais je suis contente de ne pas avoir abandonné ma lecture, car une fois que l’on a passé le premier tiers du roman et que l’on rentre dans le vif du sujet, cela devient vraiment intéressant. Et je dois reconnaître qu’en refermant l’ouvrage, j’appréciais le personnage de Caumes, et je me suis d’ores et déjà procuré le tome 2, car je souhaite savoir ce qui va lui arriver et comment il va vivre les événements plus intimes qui l’ont secoué à la fin de la première saison.

L’auteur s’intéresse beaucoup aux émotions de ses protagonistes, et à la vie de tous les jours. Par exemple, lorsqu’un de ses camarades est victime de harcèlement, comment réagir ? Les quatre personnages principaux sont attachants malgré tout. C’est écrit comme si cela venait vraiment de la bouche d’un ado, tantôt un peu bébête, mais aussi capable de belles réflexions qui m’ont parfois scotchée. J’aurais pu noter nombre de citations de ce livre, car ce qui est dit est vrai, et joliment exprimé. Au final, c’est un roman que je vous recommande chaudement (et persévérez, même si au début, vous trouvez Caumes à claquer, parce que ça vaut le coup !)