dimanche 30 juillet 2017

À la place du cœur, saison 2, Arnaud Cathrine

306 p., Robert Laffont, mars 2017

Quatrième de couverture :

La fin de l’année 2015 arrive à grands pas. Je me suis souvent demandé ces derniers mois : j’ai quoi à la place du cœur ? À la place du cœur, j’ai toi.


Mon avis :

Attention, si vous n’avez pas lu le premier tome de ce diptyque, la chronique ci-dessous vous en dévoile des éléments.

Dans la saison 2 d’À la place du cœur, nous retrouvons Caumes, qui a bien du mal à faire face aux événements qui sont advenus au mois de janvier, puisque son ami Hakim est décédé sous les coups de ses harceleurs. Caumes n’arrive pas à surmonter cette épreuve, car il ressent beaucoup de haine, mais aussi de culpabilité. Nous allons donc découvrir comment il va appréhender tout cela, comment il va apprendre à gérer tout cela, quels seront ses choix, que va devenir sa relation avec Esther, sa petite amie, quels seront ses projets pour la rentrée — puisque 2015 est l’année de son Baccalauréat, etc.

Le livre est découpé en trois parties. La première est racontée par Niels, le cousin de Caumes, et on s’intéresse ici à leur été. Esther prend ensuite la parole, et va nous relater les faits à partir de la marche républicaine qui avait eu lieu après les attentats de Charlie Hebdo et de l’hyper casher de Vincennes, et c’est d’ailleurs lors de cet événement qu’ils avaient tous appris le décès de Hakim suite aux coups de ses bourreaux. Son intervention s’arrêtera un peu après la rentrée scolaire. Enfin, Caumes reprend la plume, et nous allons découvrir ce qu’il est devenu, surtout à partir du mois de septembre, le récit trouvant sa conclusion peu après les attentats de novembre au Bataclan. Ces trois points de vue très bien faits et originaux nous offrent ainsi trois versions différentes, mais complémentaires. 

Nous assistons à la descente aux enfers de Caumes, qui se replie sur lui-même. Son cousin ne le reconnaît plus, Esther ne parvient plus à discuter avec lui et a le sentiment que leur amour est mort en même temps que Hakim, mais qu’une partie de celui qui était son petit ami a également disparu. C’est donc un récit très poignant, qui nous embarque et que l’on dévore. Il est très difficile de le reposer, car on veut savoir la suite et connaître les pensées de Caumes.

Au début, Niels n’est pas au courant de ce qu’il s’est passé et il va être très choqué de retrouver son cousin dans cet état : très renfermé sur lui-même, il ne parle pas, ne sort pas, puis il va tout d’un coup commencer à brûler la vie par les deux bouts, entrant dans un processus autodestructeur. Esther, impuissante, souffre énormément de cette situation, car elle l'aime sincèrement et espère le retrouver. Elle voudrait l’aider, mais elle se rend compte qu’il a dressé un mur infranchissable entre eux. Elle qui avait d’ailleurs prévu de poursuivre ses études à Tours décide de revoir ses plans et de partir à Paris en apprenant que Caumes sera dans la capitale à compter du mois de septembre. Elle y est hébergée par son frère, qui essaiera de l’aider à oublier ce garçon, mais Caumes reste présent à chacun de ses pas et à chacune de ses pensées. Et il y a Caumes, qui sèche les cours, qui s’autodétruit… Il a fait une tentative de suicide en début d’année et s’est retrouvé dans un établissement spécialisé. Il se laisse plonger dans son mal-être, et on a l’impression que personne ne peut l’aider, à part peut-être lui-même, car il vit alors plus avec son ami mort qu’avec les vivants.

C’est vraiment un ouvrage très poignant. Arnaud Cathrine a une écriture rythmée, incisive et percutante qui ne peut laisser le lecteur de marbre. Il y a plein de phrases que l’on pourrait noter dans un carnet de citations. L’auteur nous pousse à nous interroger sur comment avancer dans cette vie qui est parfois injuste et fait de nous des victimes, mais qui est aussi une chance inestimable quels que soient les obstacles qui se dressent sur notre chemin. C’est un livre qui m’a bouleversée, et le fait qu’il s’achève sur les attentats de novembre à Paris est une expérience de lectrice éprouvante. J’ai ressenti beaucoup d’empathie pour Esther, et j’ai adoré son personnage. J’en ai également eu pour Caumes, car Arnaud Cathrine parvient à ce que le mal-être de Caumes suinte à travers les pages de son roman. C’est dur, le sujet est difficile, et néanmoins très beau. Autant le côté « adolescent travaillé par ses hormones » m’avait un peu agacée dans le premier tome, autant cela disparaît presque totalement. J’ai donc eu un coup de cœur pour ce livre, et je manque de mots pour en parler. La seule chose que j’ai envie de vous dire est : lisez-le et découvrez-le par vous-mêmes, car c’est vraiment une expérience enrichissante.

2 commentaires:

  1. A la base, je ne pensais pas lire ces livres, mais vu les chroniques que je vois dessus, je tenterai un jour...

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